Le colibri

Connaissez-vous le colibri? Une merveille d’ingénierie naturelle qui dépasse tout entendement rationnel. Le Colibri est d’une grâce telle que seul le cœur peut discerner la finesse et la vivacité de son battement d’ailes. Pour surprendre ce petit miracle de la nature, il faut se rendre sur les terres d’Amérique. C’est dans les jungles épaisses ou dans les champs fleuris que l’on peut l’apercevoir, toujours par chance, virevoltant de ses petites ailes vibrantes. Cela ne dure jamais qu’un instant car le colibri est un impatient. Il ne passe que quelques secondes sur une fleur avant de disparaître en un éclair et réapparaître un peu plus loin, oscillant dans les airs.

La légende raconte que le colibri fut envoyé par les dieux pour accompagner l’humain sur les routes du monde, il représente l’esprit de l’Homme illustrant ses deux qualités principales: la vivacité et la liberté. Et qu’autrefois, on pouvait l’admirer sur les terres d’Europe et d’Asie.

Les nomades du vieux monde vénéraient le Colibri, l’invoquant durant les moments de doutes. Le Colibri leur indiquait alors toujours le bon chemin. Lorsque les hommes découvrirent les vices de la possession, qu’ils commencèrent à apprivoiser les animaux et à encercler les champs, les rites disparurent et avec eux, le respect des animaux, les esprits n’étaient plus que des fables, l’humain ne confiait alors qu’en sa raison.

Vînt le temps des rois, des guerres, des batailles sans fin qui ravageait les campagnes et dérobaient les hommes de leurs foyers. En ces temps, il y eu un Roi plus puissant que les autres qui réussi à asseoir son autorité sur toute l’Europe et une bonne partie de l’Asie mineure. C’était un despote affreusement jaloux qui ne supportait pas que son pouvoir soit remis en cause. Chaque dissident se voyait pendre sur la place publique ou trancher le coup. Tous lui obéissaient, le monde semblait lui appartenir…et pourtant, parmi les êtres qui peuplait son royaume, il y avait un rebelle qui ne se laissait jamais surprendre, ni apprivoiser et encore moins enfermer. Le Colibri résistait devant le pouvoir du Roi et se permettait même de venir le narguer devant sa cour, provoquant le courroux du souverain.

En effet, cet animal si minuscule étonnait de par sa bravoure et montrait un orgueil tout particulier. Rares étaient ceux qui parvenaient à y mettre la main dessus…et ce n’était jamais pour longtemps car dès que la porte de la cage se refermait, il ne passait pas deux heures avant que la vie ne quitte le corps du petit oiseau.

Le roi, enragé par cette lilliputienne insoumise, convoqua à tous les chasseurs du royaume et les chargea de traquer tous les Colibris de l’univers et de les soumettre à la captivité. Cette espèce céderait devant le souverain où disparaîtrait de la surface de la terre.

La campagne dura plusieurs mois et les Colibris luttèrent vaillamment mais les chasseurs du roi était acharnés et infatigables. Tous furent attrapés…et tous, un par un, quelques heures après leur capture, se laissèrent mourir, expirant de leur poumons les derniers soupirs de liberté.

Le dernier colibri fut trouvé dans la cour même du Roi. A peine l’eut-on mis en cage qu’on le porta devant sa majesté. L’oiseau vibrait de toute ses forces en explorant chaque recoin de sa geôle dans l’espoir d’y trouver un interstice…Le despote jubilait en contemplant cette pauvre créature se débattre contre l’emprisonnement. Au bout de quelques instants, le colibri se retourna et fit face au visage gras et rouge du tyran, il semblait le regarder…ses ailes lancèrent quelques derniers vrombissements, puis ralentirent leur cadence…et il s’échoua sur le sol de la cage sans bruit, tombant comme un feuille morte.

Amoureux des grands espaces, messagers divins des nomades d’autrefois, le colibri, esprit même de la liberté disparu des terres de ce monde en préférant la mort à la réclusion.

Ce ne fut que bien plus tard que les descendants de ce roi sanguinaire découvrirent cet étrange oiseau sur le continent Américain. Les cruels messagers du souverain n’étaient pas parvenus jusque là. Ayant oubliés les légendes de leurs ancêtres, c’était avec un regard neuf que les européens s’émerveillaient devant cet ange de la nature.

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